citation d'Albalat Je collectionne depuis toujours les citations. Voici une sélection de celles que j'ai relevées au fil de mes lectures. Elles ne se retrouvent, pour la plupart, dans aucune collection déjà publiée.
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Citations quotidiennes du 20 avril 2014

-[...] Oh ! Samuel ! tu nous fatigues à tourner autour du pot, qu'est-ce que t'attends ?
- Peut-être parce que c'est agréable de penser qu'on tient une idée épatante et qu'on est déjà sûr que l'autre sera d'accord.
Hubert Mingarelli (Le jour de la cavalerie, p.32, Points, P1053)

Nous avons longtemps souffert comme des bêtes. Il serait temps de souffrir comme des hommes.
Jacques Bergier (Cité par Louis Pauwels dans Les dernières chaînes, p.163, Pocket n°10493)

[Elle] dormait, très belle et blondement.
Richard Brautigan (La vengeance de la pelouse (Nouvelles, 1962-1970), trad. Marie-Christine Agosto , p.121, 10|18 n°1893)

Et d'abord, qu'est-ce que ça veut dire, croire? Surtout quand on fait suivre le verbe de l'adverbe vraiment?. Il y a un monde qui sépare l'irréprochable croire vraiment du douteux vouloir croire et du plus douteux faire semblant. Trois catégories où pourraient se classer les gens qui prient, s'ils avaient coeur à une telle classification, fût-elle secrète, fût-elle possible: car ceux qui veulent croire ne sont-ils pas aussi ceux qui croient qu'ils croient? Quelle fondrière, que ce problème! Et moi qui crois en Dieu, ou qui veux croire en Dieu - ce qui revient peut-être au même en pratique, mais non dans le for intérieur -,à cet instant, je ne crois vraiment qu'à une chose: à ma propre mort.
Robert Merle (Madrapour, Folio n° 972)

La bonne humeur dans l'homme est aux plaisirs ce que la belle imagination est aux beaux arts : elle s'y plaît, elle les aime, elle les multiplie, elle les crée.
Joseph Joubert (Carnets t.2, p.355, nrf/Gallimard, 1994)

Épictète du jour

Sache que le principe et le fondement de la religion consiste à avoir des dieux des opinions droites et saines, à croire qu'ils sont, qu'ils étendent leur providence sur tout, qu'ils gouvernent le monde avec sagesse et justice ; que tu es ici-bas pour leur obéir, pour prendre en bonne part tout ce qui t'arrive, et pour y acquiescer volontairement et de tout ton coeur, comme à des choses qui viennent d'une providence très bonne et très sage. De cette manière tu ne te plaindras jamais des dieux, et tu ne les accuseras jamais de n'avoir pas soin de toi. Mais tu ne peux avoir ces sentiments qu'en renonçant à tout ce qui ne dépend point de nous, et qu'en faisant consister tes biens et tes maux dans ce qui en dépend. Car, si tu prends pour un bien ou pour un mal quelqu'une de ces choses étrangères, il est de toute nécessité que, lorsque tu seras frustré de ce que tu désires, ou que tu tomberas dans ce que tu crains, tu te plaignes et que tu haïsses ceux qui sont la cause de tes malheurs. Car tout animal est né pour abhorrer et pour fuir ce qui lui paraît mauvais et nuisible et ce qui peut le causer, et pour aimer et rechercher ce qui lui paraît utile et bon et ce qui le cause. Il est donc impossible que celui qui croit être blessé se plaise à ce qu'il croit qui le blesse ; d'où il s'ensuit que personne ne se réjouit et ne se plaît dans son mal. Voilà d'où vient qu'un fils accable de reproches et d'injures son père, quand son père ne lui fait point part de ce qui passe pour des biens ; voilà ce qui rendit ennemis irréconciliables Étéocle et Polynice : ils regardaient le trône comme un grand bien. Voilà ce qui fait que le laboureur, le pilote, le marchand maudissent les dieux, et voilà enfin la cause des murmures de ceux qui perdent leurs femmes et leurs enfants. Car là où est l'utilité, là est aussi la piété. Ainsi tout homme qui a soin de régler ses désirs et ses aversions selon les règles prescrites, a soin de nourrir et d'augmenter sa piété. Dans ses libations, dans ses sacrifices et dans ses offrandes, chacun doit suivre la coutume de son pays, et les faire avec pureté, sans nonchalance aucune, sans négligence, sans irrévérence, sans mesquinerie, et aussi sans une somptuosité au-dessus de ses forces.
Pensées, XLII.