
Je collectionne depuis toujours les citations. Voici une sélection de celles que j'ai relevées au fil de mes lectures. Elles ne se retrouvent, pour la plupart, dans aucune collection déjà publiée.
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Citations quotidiennes du 16 septembre 2026
Dans un lâche repos honte à qui s'avilit!
Charles-Joseph Loeillard D'Avrigny (Jeanne d'Arc, acte 1, sc. 5 (Talbot), 1819)
L'honneur exagéré va droit au ridicule.
Casimir Delavigne (Les Comédiens, acte 2, sc. 1 (Bernard), 1820)
Descendant du cheval
dans le vent d'automne
j'ai demandé le nom du fleuve
Masaoka Shiki (Haiku, trad. Corinne Atlan et Zéno Bianu, p.134, nrf, Poésie/Gallimard, 2002)
Le plus beau de l'écriture, c'est cette tension entre ce qui est écrit et ce qui est à écrire, c'est l'usage d'une liberté qui prend ses risques en laissant ses traces.
Georges Picard (Tout le monde devrait écrire, p.16, José Corti, 2006)
Vous savez, tout prédicateur un peu ambitieux, pour peu qu'on l'écoute et que cela lui monte à la tête, commence toujours par dire que la religion fout le camp. C'est leur fonds de commerce.
Orhan Pamuk (Mon nom est Rouge, trad. Gilles Authier, p.288, Folio n°3840)
Épictète du jour
Quand tu vas consulter le devin, souviens-toi que tu ignores ce qui doit arriver, et que tu vas pour l'apprendre. Mais souviens-toi en même temps, si tu es philosophe, qu'en allant le consulter, tu sais fort bien de quelle nature est ce qui doit arriver. Car, si c'est une des choses qui ne dépendent point de nous, ce ne peut être assurément ni un bien, ni un mal pour toi. N'apporte donc auprès de ton devin ni inclination, ni aversion pour chose au monde, autrement tu trembleras toujours, mais sois persuadé et convaincu que tout ce qui arrivera est indifférent et ne te regarde point, et que, de quelque nature que cela soit, il dépendra de toi d'en faire un bon usage, personne ne pouvant t'en empêcher. Va donc avec confiance, comme si tu approchais des dieux, qui daignent bien te conseiller. Au reste, quand on t'aura donné quelques conseils, souviens-toi qui sont les conseillers à qui tu as eu recours, et qui sont ceux dont tu mépriseras les ordres si tu désobéis. Mais ne va au devin que comme Socrate voulait qu'on y allât, c'est-à-dire, n'y va que pour les choses qu'on ne peut connaître que par l'événement et qu'on ne peut prévoir ni par la raison, ni par les règles d'aucun autre art. Ainsi, quand il faudra t'exposer à de grands dangers pour un ami ou pour ta patrie, ne va pas consulter le devin pour savoir si tu dois le faire. Car si le devin te déclare que les entrailles de la victime sont mauvaises, il est évident que ce signe te présage ou la mort, ou des blessures, ou l'exil ; mais la droite raison te dit que, malgré toutes ces choses, on doit secourir son ami et s'exposer pour sa patrie. Obéis donc à un devin encore plus grand que celui que tu consultais, obéis à Apollon Pythien, qui chassa de son temple un homme qui n'avait pas secouru son ami qu'on assassinait.
Pensées, XLIII.