citation d'Albalat Je collectionne depuis toujours les citations. Voici une sélection de celles que j'ai relevées au fil de mes lectures. Elles ne se retrouvent, pour la plupart, dans aucune collection déjà publiée.
Vous avez des commentaires, des suggestions, des corrections à apporter ? N'hésitez surtout pas à m'écrire ! Si la petite histoire entourant la création de cette page vous intéresse, vous la trouverez ici.

Citations quotidiennes du 06 mars 2026

Descendant du cheval
dans le vent d'automne
j'ai demandé le nom du fleuve
Masaoka Shiki (Haiku, trad. Corinne Atlan et Zéno Bianu, p.134, nrf, Poésie/Gallimard, 2002)

Lorsqu'on bouche une source, les résurgences sont fatales.
Laurence Cossé (Le coin du voile, p.257, Éd. Gallimard nrf, 1996)

Le clavecin possède en lui un élément de terreur : les sons en sortent éparpillés et brisés. Un peu d'une âme d'un autre monde.
Clarice Lispector (Où étais-tu pendant la nuit ?, trad. G. Liebrich et N. Biro, p.95, Éd. des femmes, 1985)

[...] on peut détester avec le plus de raison ce qu'on connaît à fond.
Ernesto Sabato (Le tunnel, trad. Michel Bibard, p.20, Éd. du Seuil, 1978)

Comme aurait dit Baudelaire : « On s'emmerde comme en Belgique », ou plutôt (pour les puristes),  « L'ennui ronge mon âme. »
Alexandre L. Amprimoz (Le ronfleur éveillé, p.73, in Virages n°39,, 2007)

Épictète du jour

Un homme de grande considération, aujourd'hui préfet de l'annone, revenant d'exil et s'en retournant à Rome, vint me voir. Il me fit une peinture affreuse de la vie de la cour ; il m'assura qu'il en était dégoûté, qu'il ne s'y rengagerait pour rien au monde, et que le peu de temps qui lui restait à vivre, il voulait le vivre en repos, loin du tumulte et de l'embarras des affaires. Je lui soutins qu'il n'en ferait rien, qu'il n'aurait pas plus tôt mis le pied dans Rome, qu'il oublierait toutes ces belles résolutions, et que, s'il trouvait à se rapprocher du prince, il en profiterait aussitôt. Et lui, en me quittant, me dit : « Épictète, si vous entendez dire que j'aie mis le pied à la cour, dites que je suis le plus grand coquin du monde. » Qu'arriva-t-il ? A quelque distance de Rome, il reçut des lettres de César. Il ne se souvint plus de ses promesses ; le voilà à la cour plus avant que jamais, et voilà ma prédiction accomplie... « Que vouliez vous donc qu'il fît ? me dit quelqu'un. Vouliez-vous qu'il passât le reste de ses jours dans l'oisiveté et dans la paresse ? » -- Eh ! mon ami, penses-tu qu'un philosophe, qu'un homme qui veut avoir soin de lui-même soit plus paresseux qu'un courtisan ? Il a des occupations plus importantes et plus sérieuses.
Entretiens, Livre I, XXXIV.